Najac

Najac

Mme Delaleu (1966)

Found in our hotel scrapbook, staying for Kate Patten's wedding
Najac
Nacelle émergeant des forêts Son château figurant la proue devant ses gorges en arrêt Tout comme un paon qui fait Ia roue Fière toutes voiles au vent N’est point de celles qu’on oublie Venez voir NAJAC la jolie Qui se baigne au soleil levant Elle egrène sous le ciel bleu Ses chapelets de maisons brunes Aux toils de lauzes gris et vieux De l’aurore jusqu’à la brume Et dans un cadre sans pareil Amis à l’humeur voyageuse C’est NAJAC, NAJAC l’orgueilleuse Qui se prélasse au grand soleil J’aime le calme de ses nuits Et la chanson de ses eaux vives Ses deux fontaines de granit Ses colonnades ses ogives Ce que je n’oublierai jamais Quand des fleurs c’est l’apothéose C’est NAJAC croulant sous les roses Lorsqu’ embaume le mois de mai Las mon beau rêve va finir Je pars voyageur solitaire Emportant le cher souvenir De ce coin béni de Ia terre El de l’Aveyron au doux chant Et l’artiste en moi se réveille Pour chanter NAJAC la merveille Qui flamboie au soleil couchant
Najac
Neat craft emerging from the wood The fortress is her figurehead Close alongside the gorges moored A peacock with its plumage spread With sails all proudly crowding on For ever brought by memory back Come gaze on beautiful NAJAC Bathed and refreshed by morning sun Beneath blue sky she meditates Counts her brown houses as she prays With roofs of thick, grey, ancient slates From dawn to shimmering of haze And in a matchless ambience Congenial to the traveller’s mood Noble NAJAC walks tall and proud Basks in the sun’s magnificence I love her deep nocturnal calm Her living water’s serenades Her granite fountains, both of them Her ogives and her colonnades But in my heart for ever there Is blossoming apotheosis NAJAC weighed down by loads of roses When Maytime perfume balms the air A lonely traveller I depart My lovely dream must fade and die Of this blest corner of the earth I guard the precious memory With softly singing Aveyron The artist in me wide awake To sing the marvel of NAJAC Resplendent in the evening sun

Translation: Copyright © Timothy Adès

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Nothing Prevents Other Birds

Rien N’empêche D’autres Oiseaux

Ariane Dreyfus (1958)

Rien N’empêche D’autres Oiseaux
Elle s’arrête quand l’eau lui arrive à la taille Regarde, avance à nouveau, et la mer infinie La suit, traîne qu’elle sent à peine, la robe elle l’imagine S’effacent ses omoplates de petite fille À chaque fois qu’elle lève les coudes et se hausse Car il fait froid Mais l’eau est calme, pas embêtante Frileux les autres sont restés derrière C’est donc un instant de princesse Elle baisse les yeux, mais pas la tête À cause de sa couronne qui pourrait tomber Regarde comment ses pieds glissent Sur le sable Parce qu’il est très loin les jambes ont grandi Elles se tordent à plein de reflets Le soleil y va, en profondeur Et plus en profondeur la pointe des pieds Pour aller jusqu’au sol intouché L’eau presqu’à la poitrine, elle étire ses bras Ainsi flottent les mains Puis s’allonger, sinon comment voir que le ciel Donne un si grand vertige, et les nuages en forme de personne?
Nothing Prevents Other Birds
She stops when the water gets up to her waist She looks and goes forward: the infinite sea Follows after, a hint of a train of a dress. Her little-girl shoulder-blades vanish effaced Whenever she raises her elbows and torso But it’s nice, water’s calm (and it couldn’t be more so). All the rest stayed behind, they don’t fancy the cold So, princess! It’s her moment. She lowers her eyes Not her head though: her crown might fall off. She descries How her feet glide along on the sand far below Her legs have got longer they twist and refract, The sun plunges down, even deeper her toes To touch virginal ground. Water’s up to her chest: She puts out her arms, floats her hands, as you do. She reclines at full stretch, or how else to attest The vertiginous sky, clouds the shape of just who?
Posted on Modern Poetry in Translation website, 2017

Translation: Copyright © Timothy Adès

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The Good Life

Francis Combes (1953)

Translated by Timothy Adès

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The Vine is a Harp

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The Vine is a Harp

Francis Combes (1953)

La vigne est une harpe plantée sur la colline Nous avons enfoncé dans le dos de la terre Ces pieux alignés sous le ciel Tendu le fil de fer Maintenant c’est le vent qui joue avec les cordes
The Vine is a Harp
The vine is a harp planted on the hill We sank into the earth’s back This line of stakes open to the sky We stretched the wire Now the wind plays with the strings

Translation: Copyright © Timothy Adès

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On My House Wall…

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On My House Wall…

Francis Combes (1953)

Sur le mur de ma maison j'ai peint un Bacchus Jeune et beau qui tient une grappe de raisin. Et tant pis si d'hérésie un savant m'accuse : Je l'ai, comme Krishna, peint couleur de ciel serein. Jamais nous ne fermons cette maison à clef. Portes battantes ; c'est la maison des courants d'air... Ne contenant pour tout trésor qu'un peu de vin Pour l'ami qui passe. Elle ne craint pas les voleurs. Dans les pays de vignoble, on prend garde au vin On le boit lentement, on le goûte, on le juge, On boit en connaisseur, critique et tolérant... Car on sait ce qu'il faut de patience et de temps...
On My House Wall…
On my house wall is a Bacchus I painted: Grapes in his hand, he’s a young handsome guy. Scholars may say I’m with heresy tainted: I made him, like Krishna, as blue as the sky. This is a house never bolted and boarded, House of the winds, with its doors open wide. No fear of thieves, for no treasure is hoarded: Wine for a friend, nothing else is inside. Living with vineyards, we take wine in earnest: Drinking it slowly, we taste and appraise, Drink with a tolerant careful assessment, Valuing patience and slow passing days.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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Saint-Etienne-les-Orgues

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Saint-Etienne-les-Orgues

Francis Combes (1953)

Il y a dans un village paisible du midi,  Quelque part en Provence, une rue-de-l’Enfer Où derrière un mur orné de roses trémières Se cache en un jardin un coin de paradis. Il y a là des livres, un chat et des amis Dans la douceur du soir qui dînent devisant En compagnie d’une treille, de fleurs et de fruits Et, obscurs mais brillants, trois quatre vers luisants… Ainsi l’enfer ici jouxte le paradis ; (Comme toujours… car seules, après tout, les religions  Les ont inventés séparés, dit Aragon.) « Mais ici sur la Terre ils sont mêlés, pardi… » Le journal annonce une « Invasion de méduses » … Au bar, les habitués prennent un premier café. Un homme joue au Loto… Peut-on dire qu’il s’amuse ? Dans les platanes se mélangent l’ombre et la clarté. Je t’ai offert un petit cœur rouge en papier Ramassé par terre, pas très loin de la brocante… (Ma douce, ni pour nous ni pour les autres, jamais Nous ne mêlons « paradis » et « matins qui chantent »).
Saint-Etienne-les-Orgues
Down in the south of France, a quiet place, a village in Provence: a lane called Hell. Behind a hollyhock-encrusted wall, a garden hides a hint of Paradise. Books and a cat and friends who sit and dine, as conversation whiles away the hours of the sweet evening: trellis, fruit and flowers. Darkly intense, three or four glow-worms shine… Here Paradise and Hell are side by side (as ever: was it Aragon who said Only religions keep them from each other?) But goodness! On this earth they go together… A plague of jellyfish is headline news. For the bar’s regulars, fresh coffee’s made. Doing the Lottery: would that amuse? The plane-trees make a mix of light and shade. For you! that sweet red paper heart I found close to the junk-shop, lying on the ground. Love, let’s not, for ourselves or otherwise, confuse nostalgia with paradise.
© Le Temps des Cerises. Published in Agenda 2019

Translation: Copyright © Timothy Adès

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The Land of Peace

Le pays de la paix

Francis Combes (1953)

Le pays de la paix
Je connais un pays fleuri de villages Paisibles comme sont au ciel ses nuages Deux amies y tiennent la boulangerie Et le café bien sûr s’appelle « Aux amis » On peut s’y retrouver pour boire en terrasse Un banc de pierre grise attend sur la place C’est un pays tranquille où il fait bon vivre On y boit du vin sans être jamais ivre Maisons et châteaux sont du même tuffeau C’est un pays tranquille où coule un ruisseau Les marronniers y ont la coupe au carré (Ici même les arbres sont toilettés) France, pays calme, en paix avec le monde Troisième exportateur d’armes dans le monde.
The Land of Peace
I know a land where hamlets bloom As peaceful as the clouds that loom The ‘Friends Café’, the friendly pair Of ladies in the bakery there Drinks on the terrace, people meet Gracing the square, a grey stone seat Life’s good, the place is peaceable Wine’s drunk and no-one’s drunk at all Houses and castles of one hue A tranquil land a stream runs through The chestnut trees trimmed neatly square For even trees are barbered there With all the world France is at peace Exporting arms, she’s in third place.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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If you feel cold…

Si tu as froid…

Francis Combes (1953)

Si tu as froid…
Si tu as froid, rapproche-toi Il y a tant de cœurs fermés a clef Tant de cœurs qui se noircissent et se recroquevillent Comme papiers jetés au feu Si tu as froid, rapproche-toi Si tu as froid, rechauffe-moi.
If you feel cold…
If you feel cold, come closer up So many hearts are double-locked So many hearts are shrivelled, black Like papers thrown into the fire If you feel cold, come closer up If you feel cold, come warm me up.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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Fantasia on a Known Air for Charles-Albert Cingria

Fantaisie sur un air connu pour Charles-Albert CingriaSeveral phrases refer to Cingria’s books and his short-lived journal.

Guy Goffette (1947)

Fantaisie sur un air connu pour Charles-Albert CingriaSeveral phrases refer to Cingria’s books and his short-lived journal.
Ce cher vieux vélo pendu au plafond, Tirez-lui la queue, il dira le nom Du preux chevalier, du frondeur helvète Qui dormait ici sans femme ni bête. Étant né ailleurs, renaissant souvent Libellule en plaine, conteur du Levant. Organiste rare et vivant ludion, Pollinisator des langues et des sons, Charles était partout Albert qui s’en va, Cingria qui reste quand il n’est plus là. Genève, Paris, Fribourg ou l’Afrique, Albert menait Charles comme la musique Du vent dans les voiles, et bon an mal an, Et bois sec bois vert, engrangeait le temps Qui passe et qui bruit, pour le disperser En sensé ‘caviar d’une ponte insensée’. « Absent pour deux mois », c’est le seul avis Laissé sur sa porte, un dernier pari Du coureur de fond à ‘voix clémentine’ Qui vécut sa vie comme on se mutine, N’ayant feu ni lieu que ce vieux vélo. Celui ‘que j’ai dit’, pour fendre les flots.
Fantasia on a Known Air for Charles-Albert Cingria
Hanging from the rafters, the dear old bike: Pull its tail, you’ll hear it say his name, very like: The combative Swiss, the valiant human, Who slept here with neither beast nor woman, Born somewhere else, often born again, Levant-raconteur, globe-skimmer of the plain, Organist egregious, tergiversator, Sonic and linguistic pollinator, Charles was everywhere, Albert goes away; Vanishes, but Cingria’s here to stay, Paris and Geneva, Fribourg and Africa, Albert led Charles like a glass harmonica Sighing in the sails, times hard, times good, Storing up the dried and the still-moist wood, Time past and plangent, spreading it far, Sense of a senseless clutch of caviar, ‘Gone for two months’ was the message, no more, The final wager, pinned to his door: Clementine-voiced and an orienteer Living his life like a mutineer, This old bike his only hearth and home, The one I mentioned, to forge through the foam. Translation © Timothy Adès. Published in Agenda Anglo-French Edition 2020 online supplement.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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XL From ‘The Sleepwalker with Eyes of Clay’

XL From ‘Le Somnambule aux Yeux d’Argile’

Jean-Jacques Celly (1934)

XL From ‘Le Somnambule aux Yeux d’Argile’
Tout dort, tout nous ressemble, dedans comme dehors, jusqu’au givre têtu qui souligne et qui mord murailles et faîtières en épargnant fumée: l’haleine encore bleue d’une maison cernée. Belle d’avoir raison, belle par évidence, ornement du silence, aucun tombeau ne dit quelle reine t’habite et si la mort aimante avec toi cohabite. Le temps privé d’atouts abat ses fausses cartes. Notre siècle s’achève entre tes doigts de verre: Brisure par senestre et la destre s’avère porteuse de brandons aux rives qu’on essarte.
XL From ‘The Sleepwalker with Eyes of Clay’
All is asleep, and all resembles us, inside and out, to the harsh frost, sparing just the smoke as it etches and underlines high walls and tiled roof-ridges: just the breath is blue, of a house that’s hedged about. So beautiful, being so right and so evident, silence’s ornament: no tombstone indicates what queen inhabits you, or if death, your lady-love, cohabits. Time’s trumps are drawn, it throws in its losing hand. Our century ends in your fingers of glass, it’s over. Rebatements dexter and sinister put the brand to the trees they are grubbing out along the river. Cross potent rebated: a fylfot, swastika. - Boutell on Heraldry.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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