Gérard de Nerval (1808-1855): Horus

Translated by Timothy Adès

Le dieu Kneph en tremblant ébranlait l’univers
Isis, la mère, alors se leva sur sa couche,
Fit un geste de haine à son époux farouche,
Et l’ardeur d’autrefois brilla dans ses yeux verts.
« Le voyez-vous, dit-elle, il meurt, ce vieux pervers,
Tous les frimas du monde ont passé par sa bouche,
Attachez son pied tors, éteignez son oeil louche,
C’est le dieu des volcans et le roi des hivers !
» L’aigle a déjà passé, l’esprit nouveau m’appelle,
J’ai revêtu pour lui la robe de Cybèle…
C’est l’enfant bien-aimé d’Hermès et d’Osiris ! »
La déesse avait fui sur sa conque dorée,
La mer nous renvoyait son image adorée,
Et les cieux rayonnaient sous l’écharpe d’Iris.
The god Kneph quaked, the skies in shellshock rolled.
Then Mother Isis rose upon her bed,
Gestured in hate at her rough spouse, and said,
Her green eyes seared with passion, as of old:
“See him, the hoary pervert, foundering!
His lips disgorge the whole world’s frozen slush.
Chain this volcano-god’s maimed foot, and crush
The one squint eyeball of this winter-king!
“The eagle soars! The spirit beckons me!
I wear again the robe of Cybelê
For the child, loved by Hermes and Osiris!”
On gilded conch the goddess took her flight;
The sea played back the idol to our sight;
The welkin shimmered with the scarf of Iris.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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