Gérard de Nerval (1808-1855): The Unfortunate

Translated by Timothy Adès

El Desdichado

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie:
Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.
Suis-je Amour ou Phœbus? …Lusignan ou Biron?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène…
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron;
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
I, the obscure, the widowed, unconsoled,
The prince of Aquitaine at the slighted tower:
A black sun is the star-sign of my lyre,
For melancholy: my one star lies cold.
Come, in death’s dark, to one you have consoled:
Grant me Posillipo’s Italian shore;
Give to my grieving heart its precious flower,
Its arbours with wild vines and roses scrolled.
Am I Love, or Phoebus? Lusignan, or Biron?
The kiss, the queen’s kiss, lingers, blushing on
My brow; I dreamed in caves, where swam the siren…
Victorious twice I traversed Acheron,
Sounding in turn, on Orpheus’ lute, the sighs
Of the fair saint, and the enchantress’ cries.

Translation: Copyright © Timothy Adès

This entry was posted in Poems and tagged . Bookmark the permalink.