Paul Verlaine (1844-96): My Familiar Dream

Translated by Timothy Adès

Mon rêve familier

I often have this strange and striking dream:
Some woman, whom I love, and who loves me;
Loves me and understands; not utterly
Different each time, not utterly the same.

She understands me, she alone, and clears
My clouded heart, uncomplicated now
For her alone; my damp and pallid brow
She, she alone, can freshen, with her tears.

Her hair: brown, blonde or auburn? I don’t know.
Her name resembles music sweet and low,
Like names of loved ones Life has sent away;

Her gaze is like a statue’s, and her tone
Of voice is distant, calm, and grave: you’d say,
Like those dear voices that are hushed and gone.

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Translation: Copyright © Timothy Adès

Published 2013 in Cantalao 1.1, a magazine devoted to Neruda

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