Robert Desnos (1900-45): Six Storysongs

Translated by Timothy Adès

Six Chantefables

L’ESCARGOT

Est-ce que le temps est beau?
Se demandait l’escargot
Car, pour moi, s’il faisait beau
C’est qu’il ferait vilain temps.
J’aime qu’il tombe de l’eau,
Voilà mon tempérament.

Combien de gens, et sans coquille,
N’aiment pas que le soleil brille.
Il est caché? Il reviendra!
L’escargot? On le mangera.

LE PÉLICAN

Le capitaine Jonathan,
Étant âgé de dix-huit ans,
Capture un jour un pélican
Dans une île d’Extrême-Orient.

Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un œuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican
Pond à son tour, un œuf tout blanc
D’où sort, inévitablement,
Un autre qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps
Si l’on ne fait pas d’omelette avant.

LA SAUTERELLE

Saute, saute, sauterelle
Car c’est aujourd’hui jeudi.
Je sauterai, nous dit-elle,
Du lundi au samedi.

Saute, saute, sauterelle,
À travers tout le quartier.
Sautez donc, mademoiselle,
Puisque c’est votre métier.

LA FOURMI

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
    Eh! Pourquoi pas?

LE LÉOPARD

Si tu vas dans les bois,
Prends garde au léopard.
Il miaule à mi-voix
Et vient de nulle part.

Au soir, quand il ronronne,
Un gai rossignol chante
Et la forêt béante
Les écoute et s’étonne,

S’étonne qu’en ses bois
Vienne le léopard
Qui ronronne à mi-voix
Et vient de nulle part.

LE VER LUISANT

Ver luisant tu luis à minuit,
Tu t’allumes sous les étoiles
Et, quand tout dort, tu t’introduis
Dans la lune et ronge sa moelle.

La lune, nid des vers luisants,
Dans le ciel continue sa route.
Elle sème sur les enfants,
Sur tous les beaux enfants dormant,
Rêve sur rêve, goutte sur goutte.

THE SNAIL

Is to-day fine?
The snail was wondering.
I’d call it fine
If the rain were thundering
Down. I like the wettest weather:
That’s the way I’m put together.

How many folk with a soft exterior
Greet the sunshine with hysteria.
Sun gone in? Just wait! Just wait!
The snail ends up on the dinner-plate.

THE PELICAN

A captain known as Jonathan,
Who’s turned eighteen, become a man,
Captures, one day, a pelican,
On Gan, Hainan, or Banaban.

The pelican of Jonathan
Lays a white egg, at nine a.m.
Out of it jumps a pelican
With an astonishing resem-

Blance to the first. This pelican
Lays its white egg in turn, and then,
Of course, another pelican
Jumps out to do the same again.

This state of things may never end
Unless an omelette bucks the trend.

THE GRASSHOPPER

Hop, grasshopper, hop away,
Thursday, Friday, Saturday.
I shall hop, we heard her say,
From Monday to the latter day.

Hop, grasshopper, hop away,
All around the quarter,
Hop, that’s your job all day,
Being your mother’s daughter.
(That’s what they taught her.)

THE ANT

Ant, an eighteen-metre ant,
Hat on head insouciant,
Cannot happen on this planet.
Ant that hauls a pair of trucks
Crammed with penguins and with ducks,
Cannot happen on this planet.
Ant that spouts with fluent ease
Latin, French and Javanese,
Cannot happen on this planet.
    Or can it?

THE LEOPARD

If you go in the wood
Watch out for the leopard
He furtively mewed
He dropped in and scarpered

At night when he purrs
Sweet nightingales sing
And the forest infers
It’s a wonderful thing

To think that this wood
Is the haunt of the leopard
Who furtively purred
Who dropped in and scarpered.

THE GLOW-WORM

Glow-worm glowing in the night,
Under the stars you self-ignite.
When we’re all asleep, you burrow
Into the moon and munch its marrow.

Glow-worms’ nest, the Moon, up top,
Sails the sky and doesn’t stop.
On the children she will seep,
On the pretty things asleep,
Dream on dream, drop by drop.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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