Robert Desnos (1900-45): Never Another But You

Translated by Timothy Adès

Jamais d’Autre Que Toi

Jamais d’autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
En dépit des mutilations d’arbre à la tombée de la nuit
Jamais d’autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t’éloignes et plus ton ombre s’agrandit
Jamais d’autre que toi ne saluera la mer à l’aube quand fatigué
d’errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons
d’orties je marcherai vers l’écume
Jamais d’autre que toi ne posera sa main sur mon front
et mes yeux
Jamais d’autre que toi et je nie le mensonge et l’infidélité
Ce navire à l’ancre tu peux couper sa corde
Jamais d’autre que toi
L’aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux
de cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion!
C’est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans
les bois d’un vert tendre l’ennui des petites filles en
présence dune cage où s’agite un serin, tandis que dans
la rue solitaire le soleil lentement déplace sa ligne mince
sur le trottoir chaud
Nous passerons d’autres lignes
Jamais jamais d’autre que toi
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de
banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d’autre que toi.
Never another but you for all the stars and solitudes
All the trees hacked at nightfall
Never another but you shall trace her path which is mine
The more you recede the bigger your shadow
Never another but you shall greet the sea at dawn when I
emerge leg-weary from the dark forests and nettle-patches
and make for the foam
Never another but you shall put her hand on my brow and my
eyes
Never another but you. I deny falseness and infidelity
That anchored ship you can cut its rope
Never another but you
The eagle shut in a cage slowly gnaws the verdigris-green
copper bars
What an escape!
It’s Sunday marked by nightingale-song in fresh green woods
the boredom of little girls at a fretting canary’s cage, while
slowly in the lonely street the sun moves its thin line across
the hot pavement
We shall pass other lines
Never never another but you
And me alone alone alone like faded ivy in suburban gardens
alone as glass
And you never another but you.

Translation: Copyright © Timothy Adès

This entry was posted in Poems and tagged . Bookmark the permalink.