Robert Desnos (1900-45): Ballad of Fantomas

Translated by Timothy Adès

Complainte de Fantômas

Écoutez, … Faites silence
La triste énumération
De tous les forfaits sans nom,
Des tortures, des violences
Toujours impunis, hélas!
Du criminel Fantômas.
Lady Beltham, sa maîtresse,
Le vit tuer son mari
Car il les avait surpris
Au milieu de leurs caresses.
Il coula le paquebot
Lancaster au fond des flots.
Cent personnes il assassine
Mais Juve aidé de Fandor
Va lui faire subir son sort
Enfin sur la guillotine…
Mais un acteur, très bien grimé,
À sa place est exécuté.
Un phare dans la tempête
Croule, et les pauvres bateaux
Font naufrage au fond de l’eau.
Mais surgissent quatre têtes:
Lady Beltham aux yeux d’or,
Fantômas, Juve et Fandor.
Le monstre avait une fille
Aussi jolie qu’une fleur.
La douce Hélène au grand cœur
Ne tenait pas de sa famille,
Car elle sauva Fandor
Qu’était condamné à mort.
En consigne d’une gare
Un colis ensanglanté!
Un escroc est arrêté!
Qu’est devenu le cadavre?
Le cadavre est bien vivant
C’est Fantômas, mes enfants!
Prisonnier dans une cloche
Sonnant un enterrement
Ainsi mourut son lieutenant.
Le sang de sa pauv’ caboche
Avec saphirs et diamants
Pleuvait sur les assistants.
Un beau jour des fontaines
Soudain chantèr’nt à Paris.
Le monde était surpris,
Ignorant que ces sirènes
De la Concorde enfermaient
Un roi captif qui pleurait.
Certain secret d’importance
Allait être dit au tzar.
Fantômas, lui, le reçut car
Ayant pris sa ressemblance
Il remplaçait l’empereur
Quand Juv’ l’arrêta sans peur.
Il fit tuer par la Toulouche,
Vieillarde aux yeux dégoûtants,
Un Anglais à grands coups de dents
Et le sang remplit sa bouche.
Puis il cacha un trésor
Dans les entrailles du mort.
Cette grande catastrophe
De l’autobus qui rentra
Dans la banque qu’on pilla
Dont on éventra les coffres… .
Vous vous souvenez de ça …
Ce fut lui qui l’agença.
La peste en épidémie
Ravage un grand paquebot
Tout seul au milieu des flots.
Quel spectacle de folie!
Agonies et morts hélas!
Qui a fait ça? Fantômas.
Il tua un cocher de fiacre.
Au siège il le ficela
Et roulant cahin-caha,
Malgré les clients qui sacrent,
Il ne s’arrêtait jamais
L’ fiacre qu’un mort conduisait.
Méfiez-vous des roses noires,
Il en sort une langueur
Épuisante et l’on en meurt.
C’est une bien sombre histoire
Encore un triste forfait
De Fantômas en effet!
Il assassina la mère
De l’héroïque Fandor.
Quelle injustice du sort
Douleur poignante et amère…
Il n’avait donc pas de cœur,
Cet infâme malfaiteur!
Du Dôme des Invalides
On volait l’or chaque nuit.
Qui c’était? mais c’était lui,
L’auteur de ce plan cupide.
User aussi mal son temps
Quand on est intelligent!
À la Reine de Hollande
Même, il osa s’attaquer.
Juve le fit prisonnier
Ainsi que toute sa bande.
Mais il échappa pourtant
À un juste châtiment.
Pour effacer sa trace
Il se fit tailler des gants
Dans la peau d’un trophée sanglant,
Dans d’ la peau de mains d’ cadavre
Et c’était ce mort qu’accusaient
Les empreintes qu’on trouvait.
À Valmondois un fantôme
Sur la rivière marchait.
En vain Juve le cherchait.
Effrayant vieillards et mômes,
C’était Fantômas qui fuyait
Après l’ coup qu’il avait fait.
La police d’Angleterre
Par lui fut mystifiée.
Mais, à la fin, arrêté,
Fut pendu et mis en terre.
Devinez ce qui arriva:
Le bandit en réchappa.
Dans la nuit, sinistre et sombre
À travers la Tour Eiffel,
Juv’ poursuit le criminel.
En vain guette-t-il son ombre.
Faisant un suprême effort
Fantômas échappe encor.
D’vant le casino d’ Monte-Carlo
Un cuirassé évoluait.
Son commandant qui perdait
Voulait bombarder la rade.
Fantômas, c’est évident
Était donc ce commandant.
Dans la mer un bateau sombre
Avec Fantômas à bord,
Hélène Juve et Fandor
Et des passagers sans nombre.
On ne sait s’ils sont tous morts,
Nul n’a retrouvé leurs corps.
Ceux de sa bande, Beaumôme,
Bec de Gaz et le Bedeau,
Le rempart du Montparno,
Ont fait trembler Paris, Rome
Et Londres par leurs exploits.
Se sont-ils soumis aux lois?
Pour ceux du peuple et du monde,
J’ai écrit cette chanson
Sur Fantômas, dont le nom
Fait tout trembler à la ronde.
Maintenant vivez longtemps
Je le souhaite en partant.
FINAL
Allongeant son ombre immense
Sur le monde et sur Paris,
Quel est ce spectre aux yeux gris
Qui surgit dans le silence?
Fantômas, serait-ce toi
Qui te dresses sur les toits?
Your attention, please! Pray silence
For the sad and sorry story,
All the grievous inventory,
Nameless acts of harm and violence,
Every one scot-free, alas!
Of the felon Fantomas.
First, his mistress, Lady Beltham,
Saw the day her husband caught them
Making flagrant love together:
On the spot the felon killed him.
Next he sank the good ship Leopard,
Sabotaged, submerged, and scuppered.
He commits his hundredth murder.
Juve and his assistant Fandor
Think to see this libertine
Punished by the guillotine.
But an actor’s crayoned face
Fills the basket in his place.
Lighthouse shattered, just like glass.
Storm-tossed, luckless ships go down
To the lowest depths, and drown.
Four heads bobbing on the tide:
Lady Beltham, golden-eyed,
Fandor, Juve, and Fantomas.
Yet the monster’s pretty daughter,
Helen, had a noble nature:
She was sweet, not taking after
Her appalling family,
For she rescued poor young Fandor,
Who had been condemned to die.
In the railway baggage-lockers
There’s a gory parcel, bleeding.
They’ve detained some gangster cove.
What has happened to the carcass?
Why, the stiff’s alive and breathing!
It is Fantomas, by Jove!
Bottled up inside a bell
Tolling for a funeral,
Death rubbed out his Number Two.
Blood cascaded from the skull,
Sapphires, diamonds as well,
On the gathering below.
Paris, one fine day in spring:
Suddenly, the fountains sing!
People listen in surprise.
Little do they realise
That the siren melodies
Cage a weeping captive king.
Vital military clues:
Secrets, destined for the Tsar.
Smartly turning similar,
Fantomas receives the news,
Personates the autocrat.
Juve arrests him, just like that.
He got La Toulouche to kill
An Englishman with monstrous bites.
She was a hag, a foul-eyed beast!
There was blood, he drank his fill,
Stashed his looted perquisites
In the guts of the deceased.
You recall that huge fracas –
Raiders took a motor-bus,
Rammed the bank, whose vaults they cleared,
Rifling safe and automat:
Terrible – I’m sure you heard…
He was at the back of that.
Epidemic of bubonic
Plague attacks an oceanic
Liner, caught far out at sea.
Horrid sights, what lunacy!
Agonies and deaths, alas!
Who’s the culprit? Fantomas.
Killed: one cabman plying for hire,
Knotted neatly to his post:
Going like a house on fire!
Let the inmates curse and swear:
They cannot dispute the fare,
Driven by a lifeless ghost.
Be afraid of jet-black roses.
They exhale a languid breath,
Murky vapours, dismal gases,
Enervating, dealing death.
Lamentably, one more time,
Fantomas commits the crime!
Next he killed the aged mother
Of Fandor, the valiant sleuth.
Fate miscarried altogether,
Sorrow has a bitter tooth…
Sure, he had no heart at all,
This notorious criminal!
Golden-domed, the Invalides
Was despoiled by nightly theft.
Fantomas devised the deed,
Carried out the greedy crime.
Having such a mental gift,
What a way to use one’s time!
He assailed – what insolence!
The Queen of the Netherlands.
Gallant Juve was quick to bang
Up the rogue, with all his gang.
Even so, in the event,
He evaded punishment.
Just in case his dabs betrayed,
Fantomas had gloves, well-made
From a bleeding trophy’s skin,
Hands of one he’d just done in:
And the dead man was arraigned
By the thumb-prints they obtained.
On the waters of the Seine
There’s a phantom takes a walk.
Juve’s enquiries are in vain.
Scaring spooks and older folk,
Fantomas is making tracks,
After one of his attacks.
Scotland Yard: the CID
Could not solve the mystery,
Till an overdue arrest
Saw him hanged and laid to rest.
Guess what happened. Need I say?
Still the ruffian got away.
Up across the Eiffel Tower
In the eerie midnight hour
Juve pursues the criminal,
Trails the shadow. All in vain:
With fantastic strength and skill
Fantomas escapes again.
Monte Carlo. Rouge, pair, passe.
Armoured gunboat mounting guard.
Captain with gigantic loss
Gives the order to bombard.
Who’s this captain mounting guard?
Clearly, it was Fantomas.
Out at sea a vessel founders.
Fantomas had been on board.
So were Helen, Juve and Fandor
And too many to record.
Since no bodies have been found,
No-one knows if they were drowned.
At the deeds of Fantomas
And his gang from Montparnasse,
(Pretty Boy Sarcophagus,
Bill the Beadle, Sniff the Gas),
Paris, Rome and London shook.
Were they ever brought to book?
For yourselves I wrote this song,
For the world, for everyone.
Everyone is tremulous
At the name of Fantomas.
May each one of you live long:
That’s my wish, and I am gone.
Finale
Spreading like a mighty pall
Over Paris, over all,
Who’s the ghost with sombre eyes,
Silently observed to rise?
Fantomas – a wild surmise:
Is that you, against the skies?

From Fortunes, 1942. A radio version by Desnos had been
broadcast in 1933, in a ‘superproduction’. All the stanzas
were recited, many being amplified by sketches with several
actors and elaborate sound-effects. Music was by Kurt Weill;
radio production by Paul Deharme; Antonin Artaud directed,
and took the title role. The original Fântomas books were by
Pierre Souvestre and Marcel Allain, the silent films by
Feuillade.
Translation: Copyright © Timothy Adès

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