Paul Verlaine (1844-96): POETIC ART

Translated by Timothy Adès

To Charles Morice

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

Music: prefer it, everywhere,
And let the medley be uneven:
More vague, more soluble in air,
It strikes no pose, it needs no leaven.

Next, it’s important that you choose
Your words with Error’s benefice:
We love the blurred refrains that fuse
The Pointed with the Imprecise.

This is the veiled yet lovely eye,
This, the broad noonday’s trembling lustres;
Or in less heated autumn sky,
Stars, glittering in azure clusters.

For it is Nuance we esteem:
Away with colour, only nuance!
For only nuance can affiance
Woodwind to horn and dream to dream.

The cruel wit, the impure laugh,
The murderous barb, keep far from you:
That garlic of the vulgar chef
Brings tears to angels in the blue.

Take eloquence and wring its neck!
And while you’re throttling eloquence,
Knock into Rhyme a bit of sense:
Where will it stop, with none to check?

O who shall hymn the wrongs of Rhyme?
What cloth-eared child or ranting fellow
Forged us this gem not worth a dime,
That to the rasp rings false and hollow?

Music, more music! At all times!
Let yours be verse that soars above,
Descried when fleet-winged souls remove
To other loves, in other climes;

Let yours be verse that freely scatters
Its aromatic mint and thyme
On dawn’s fresh breezes, cleansed of rhyme!
The rest is nothing but belles-lettres.

Translation: Copyright © Timothy Adès

An earlier version appeared in Acumen 47.

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