Victor Hugo (1802-1885): I paid the fisherman

Translated by Timothy Adès

Je payai le pêcheur

Je payai le pêcheur qui passa son chemin,
Et je pris cette bête horrible dans ma main;
C’était un être obscur comme l’onde en apporte,
Qui, plus grand, serait hydre, et, plus petit, cloporte;
Sans forme comme l’ombre, et, comme Dieu, sans nom.
Il ouvrait une bouche affreuse, un noir moignon
Sortait de son écaille; il tâchait de me mordre;
Dieu, dans l’immensité formidable de l’ordre,
Donne une place sombre à ces spectres hideux;
Il tâchait de me mordre, et nous luttions tous deux;
Ses dents cherchaient mes doigts qu’effrayait leur approche;
L’homme qui me l’avait vendu tourna la roche;
Comme il disparaissait, le crabe me mordit;
Je lui dis: «Vis! et sois béni, pauvre maudit!»
Et je le rejetai dans la vague profonde,
Afin qu’il allât dire à l’océan qui gronde,
Et qui sert au soleil de vase baptismal,
Que l’homme rend le bien au monstre pour le mal.
I paid the fisherman as he passed by,
took in my hand this vile monstrosity,
a creature murky as its watery haunt,
an outsize weevil, or a hydra’s runt;
shapeless as shade, and nameless as the Lord.
A maw that gaped, and a black stump that bored
out through the scales… It snapped at me. God grants
a place in his colossal ordinance
to these revolting spooks, a world obscured.
It snapped at me… We came to blows, we sparred,
my fingers fearful of the teeth’s attack:
the vendor slipped away behind a rock,
vanishing, as it bit me. ‘Go!’ I cried:
‘Bless you, damned creature!’ – threw it on the tide,
into the depths, to tell the great curmudgeon,
the sun’s baptismal font, the boundless ocean:
Man does to Beast a good for an evil action.
Translation: Copyright © Timothy Adès
Jersey, grève d’Azette, juillet 1855.

This entry was posted in Poems and tagged . Bookmark the permalink.