Théophile Gautier (1811 – 1872): Symphony in White Major

Translated by Timothy Adès

Symphonie en blanc majeur

De leur col blanc courbant les lignes,
On voit dans les contes du Nord,
Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes
Nager en chantant près du bord,

Ou, suspendant à quelque branche
Le plumage qui les revêt,
Faire luire leur peau plus blanche
Que la neige de leur duvet.

De ces femmes il en est une,
Qui chez nous descend quelquefois,
Blanche comme le clair de lune
Sur les glaciers dans les cieux froids ;

Conviant la vue enivrée
De sa boréale fraîcheur
A des régals de chair nacrée,
A des débauches de blancheur !

Son sein, neige moulée en globe,
Contre les camélias blancs
Et le blanc satin de sa robe
Soutient des combats insolents.

Dans ces grandes batailles blanches,
Satins et fleurs ont le dessous,
Et, sans demander leurs revanches,
Jaunissent comme des jaloux.

Sur les blancheurs de son épaule,
Paros au grain éblouissant,
Comme dans une nuit du pôle,
Un givre invisible descend.

De quel mica de neige vierge,
De quelle moelle de roseau,
De quelle hostie et de quel cierge
A-t-on fait le blanc de sa peau ?

A-t-on pris la goutte lactée
Tachant l’azur du ciel d’hiver,
Le lis à la pulpe argentée,
La blanche écume de la mer ;

Le marbre blanc, chair froide et pâle,
Où vivent les divinités ;
L’argent mat, la laiteuse opale
Qu’irisent de vagues clartés ;

L’ivoire, où ses mains ont des ailes,
Et, comme des papillons blancs,
Sur la pointe des notes frêles
Suspendent leurs baisers tremblants ;

L’hermine vierge de souillure,
Qui pour abriter leurs frissons,
Ouate de sa blanche fourrure
Les épaules et les blasons ;

Le vif-argent aux fleurs fantasques
Dont les vitraux sont ramagés ;
Les blanches dentelles des vasques,
Pleurs de l’ondine en l’air figés ;

L’aubépine de mai qui plie
Sous les blancs frimas de ses fleurs ;
L’albâtre où la mélancolie
Aime à retrouver ses pâleurs ;

Le duvet blanc de la colombe,
Neigeant sur les toits du manoir,
Et la stalactite qui tombe,
Larme blanche de l’antre noir ?

Des Groenlands et des Norvèges
Vient-elle avec Séraphita ?
Est-ce la Madone des neiges,
Un sphinx blanc que l’hiver sculpta,

Sphinx enterré par l’avalanche,
Gardien des glaciers étoilés,
Et qui, sous sa poitrine blanche,
Cache de blancs secrets gelés ?

Sous la glace où calme il repose,
Oh ! qui pourra fondre ce coeur !
Oh ! qui pourra mettre un ton rose
Dans cette implacable blancheur !

CURVING their white necks’ sinuous line,
we see in Northern fairy-lore
swan-women on the storied Rhine
sing as they swim beside the shore.

We see them doff their plumage bright,
hang on some branch their feathered gown,
so that their skin shines forth, more white
yet than the snow of their own down.

Of these swan-women there is one
who steers to us her odysseys,
and she is white as gleaming moon
on glaciers under frozen skies.

Her beauty boreal, frigid-fresh,
leads the besotted reeling mind
to banquets of pearl-tinted flesh,
orgies of whiteness unconfined!

Her breast, snow moulded in a globe,
challenges all the white camellias,
taunts the white satin of her robe,
enters on duels contumelious.

In all these whiteness-jousts hard-fought,
the only victor is that bosom:
jealous, though no revenge is sought,
yellows the satin, and the blossom.

On her shoulder dazzling white,
Parian marble sparkle-grained,
as upon a polar night,
frosts invisible descend.

Of what snowy granule pure,
of what marrow of a reed,
host or candle of the choir,
is her body’s whiteness made?

Did they take the milky sap
spilt on winter sky’s blue vault,
or the silver lily’s pap,
or the sea’s white spume of salt;

pallid flesh of chill white marble,
seat of live divinities;
shineless silver, milky opal
that mild glimmers iridise;

ivory, when her hands take wing,
and like two white butterflies
hang their kisses shuddering
on frail tips of melodies;

ermine that, unsullied, pure,
lest they shiver, shields and warms,
swathes with whiteness of its fur
high-born shoulders, coats-of-arms;

quicksilver in mazy pattern,
blooms on hallowed glass; the sprite,
weeping, at the pools of fountains,
tears in sharp air lacy-white;

thorn-tree bowed by all its flowers,
white with hoar-frost of the may;
alabaster that endowers,
prinks the pallors of dismay;

white down snowing from the dove,
falling on the manor’s eaves;
stalactites dropt from above,
a white tear in a black cave?

From Norway’s fjords and Greenland’s floes
the Seraphita does she bring?
She, the Madonna of the snows,
white sphinx of winter’s fashioning,

a sphinx by avalanche interred,
guarding the glacier seas star-studded,
with secret, white, and frozen word
safe in her own white breast embedded?

Who shall melt that heart’s repose,
thaw its ice-bound reverie,
introduce a tint of rose
in that whiteness sans merci?

Seraphita: the poet’s white cat. Also the title of a Balzac novel he admired, set in Norway.

Translation: Copyright © Timothy Adès

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